Né en 1972, Hubert KILIAN [余白] vit à Taiwan où il a travaillé comme journaliste de 2003 à 2016. En 1996, il achète un Olympus OM40-P d'occasion avec un 50mm Zuiko pour la modique somme de 1 950 francs. Après la lecture des 135 pages d'Initiation à la Photographie par Louis Caillaud et Marcel Bovis, publié en 1967 chez Prisma, il débute son voyage photographique avec la volonté d'enregistrer les émotions que font naître en lui le passage du temps et l'ombre projetée par les villes. Depuis ces 20 dernières années, il cherche à les dépeindre, dans leurs perspectives et leurs mouvements et à documenter la relation des habitants avec leur environnement. Il voit la cité comme une scène sur laquelle se joue le drame des existences urbaines dans un décor marqué par une nostalgie pesante et une modernité obsolète. Il travaille ainsi à révéler le potentiel dramatique du grand spectacle du temps et des existences qui passent, et des pierres qui restent. Il a photographié Paris, Phnom-Penh, Pékin, Kyoto et Séoul mais par choix, Taipei est son sujet de prédilection. Il s'agit d'une ville assommée d'ambiances étranges dont la beauté fugitive n'est jamais donnée au premier regard. Il passe ainsi des heures à l'arpenter et à visiter ses moindres recoins, à rencontrer ses habitants, à pister les traces du passé qui se découd et des mémoires qui s'effilochent. En 2018, il publie "Visages de Taipei" aux éditions Happiness Culture, suivi du "Ventre de Taipei" publié en 2022 par Lotus Publishing cie.